
Dès le fameux 13 mars 2020, vous avez dû agir dans la précipitation et dans l’incertitude. Combien de temps allait durer cette crise ? Quand reprendront les activités ? Et le financement ? À regret, plusieurs d’entre vous ont alors mis à pied tous ou quelques employés.
Il y avait urgence à ce moment-là. Maintenant il faut prendre le temps de bien s’assurer de préserver l’expertise de votre organisme aussi longtemps que dure cette crise et de bien planifier la réintégration des employés au fur et à mesure de la reprise des activités. Mais comment les réintégrer ?
Garder le contact
En ce temps de crise et de distanciation, le courriel, les médias sociaux, la visioconférence ou le simple téléphone ont pris une grande importance dans les communications. Tous ces moyens sont essentiels pour entretenir les relations avec votre équipe.
Il est important de tenir votre équipe informée et même de l’impliquer dans les décisions de maintien, de suspension ou de transformation d’activités. Votre équipe sera encore plus forte et engagée à mettre l’énergie nécessaire à la reprise des activités.
Garder le contact, c’est aussi s’enquérir de la situation de chacun des employés. Soyez à l’écoute de leurs besoins, leurs angoisses, leurs défis, leurs attentes.
Au moment de rappeler un employé ou de le réintégrer après de longs mois de télétravail, il faut s’informer sur sa situation sanitaire. Présente-t-il des symptômes ? A-t’il voyagé ? Fait-il face à des besoins nouveaux pour sa famille ? Pour la garde des enfants ? Est-ce que le travail du conjoint a changé la donne, ou encore l’accompagnement d’un proche ? Où en est-il en matière de vacances ou congés de de maladie mis entre parenthèses ?
Le retour sera peut-être à temps partiel ou graduel. Est-il possible d’aménager l’horaire de travail ou de répartir le télétravail et le travail en présentiel ? Est-il possible d’aménager le temps de travail en tentant de minimiser l’impact sur son éligibilité à l’assurance emploi ?
Si un télétravail pérenne est retenu, assurez-vous que l’environnement de travail est adéquat et sécuritaire tel chaise ergonomique, éclairage, bruits extérieurs, etc.
Par ailleurs, un employé peut présenter des risques particuliers face au virus, maladie chronique, déficience immunitaire, qui jusqu’à la crise n’empêchait pas un travail régulier. Dans un tel cas, le retour en présentiel ne sera pas possible ou il devra être assorti de mesures particulières. Une fois de plus, restez à l’écoute et ouvert !
Informer
L’employé qui revient au travail connait déjà l’organisme, mais il ne faut pas présumer qu’il est au fait de tous les changements. Il faut donc :
- Être clair sur les conditions de travail : même poste ou nouvelles tâches, salaire, augmentations, solde de congés accumulés, assurances médicaments, durée de la réembauche, évaluation du rendement, etc.
- L’informer sur ce qui s’est passé, ce qui a changé durant son absence, quels sont les collègues déjà revenus et ceux qui sont encore attendus.
- Bien l’informer des mesures sanitaires. Rappelons qu’un employé peut exercer un droit de refus s’il estime que le travail comporte un risque pour sa santé. Il faudra alors faire preuve de flexibilité et d’accommodement et envisager diverses options comme le télétravail, le congé sans traitement, le congé différé, afin de garder le lien d’emploi.
- S’assurer que le poste de travail est prêt : clés d’accès aux systèmes, équipement et accessoires disponibles; surtout si l’employé ne retrouve pas exactement le même poste de travail.
- Informer l’ensemble du personnel de son retour. Pourquoi ne pas lui remettre un mot de bienvenue du président ou de la présidente du Conseil d’administration, une carte de la part de tous les employés, un petit chocolat ?
Si un licenciement doit être envisagé
La crise a peut-être tari certaines sources de financement ou a forcé une réorganisation ou la cessation de certaines activités.
Si une mise à pied se prolonge au-delà de six mois, cela entraîne certaines obligations pour l’employeur, notamment un avis de cessation d’emploi doit être émis dans les délais prévus par la loi.
S’il faut procéder :
- Annoncez le licenciement aux employés concernés aussitôt que la décision est prise. L’incertitude et les rumeurs sont plus dommageables qu’une mauvaise nouvelle annoncée clairement, bien sûr avec tact et délicatesse.
- Informez en détail les employés sur les programmes sociaux disponibles, prévoir des mesures de transition, d’accompagnement ou d’aide à la recherche d’emploi.
- Soutenez les employés. Qu’ils s’y attendent ou pas, les employés subiront un choc. Une aide ou un soutien psychologique est peut-être à prévoir.
- Informez ceux qui sont maintenus en emploi, car ils pourront craindre un surcroît de travail ou une deuxième phase de licenciements. Certains pourraient chercher un autre emploi par crainte !
Les bénévoles…
Les bénévoles réguliers de l’organisme ont aussi subi les contrecoups de la crise. Bien que leur gagne-pain ne soit pas en cause, ils sont généralement très attachés à leur rôle et méritent toute l’attention au même titre que les salariés. Ne les oubliez pas, gardez le contact, accueillez-les avec les mêmes égards lors de leur retour et informez-les des changements et des mesures sanitaires auxquelles ils doivent s’astreindre.
La rentrée est le signe de la reprise des activités dans presque tous les secteurs d’activités. Cette rentrée fait du bien. Enfin, au travail, vous recommencez à avoir des contacts réels avec vos collègues, votre équipe. Amusez-vous, soutenez-vous et vivez le moment présent !
N’oubliez pas que BE est encore et toujours là pour vous accompagner si un défi à ce sujet ou un autre se fait sentir. Contactez-nous !
Ce blogue fut rédigé par Christian Beaudet, bénévole expert en gestion des ressources humaines.
Références :

« Tempus fugit » signifie le « temps fuit ». Qui n’a pas déjà dit : je manque de temps; les journées sont trop courtes; je n’ai pas eu le temps de tout faire…
La première étape : une bonne planification





